Vers un accord international contre le plastique ?

Pandémie de Covid-19, contexte politique actuel…les négociations en perspective de la cinquième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement n’ont pas fait grand bruit sur la scène internationale. Des pourparlers qui pourraient, pourtant, donner naissance à un traité international sur le plastique..

Des négociations capitales qui n’ont pas fait grand bruit..

 

Le vendredi 25 février 2022, marquait la dernière journée de négociations officielles, en vue de la reprise de la cinquième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE), qui se tiendra à Nairobi, au Kenya du 28 Février au 02 Mars 2022.

Créée en 1972 dans le but de coordonner les actions des membres de l’Organisation des Nations Unies en matière de protection de la nature et de développement durable, l’UNEA apparaît, aujourd’hui, comme la principale autorité mondiale en matière d’environnement et rassemblant les 193 États Membres de l’ONU, des organisations de la société civile, des ONG, des entreprises et d’autres parties prenantes.

Très attendues, les discussions sous le thème « Renforcer les actions pour la nature afin d’atteindre les objectifs de développement durable » ont portées sur des questions capitales, telles que la pollution plastique, la récupération verte et l’économie circulaire ou la gestion des déchets chimiques.

A la fin des négociations qui auront duré 5 jours, un bon nombre de résolutions ont été soumises pour examen par les différents États Membres à l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (ANUE). Tous les États Membres participants discuteront et finiront par adopter ou rejeter ces projets de résolution lors de la cinquième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE) qui s’ouvrira Lundi à Nairobi.

Vers un traité international contre le plastique ?

 

Lors des pourparlers, plusieurs textes ont été déposés en vue d’un traité international sur le plastique lors de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement. Un tel accord serait historique et pourrait représenter la plus grande avancée sur la plastique à l’échelle planétaire. Mais le temps presse. Rappelons que la production mondiale de plastiques a été estimée à 367 millions de tonnes en 2020. 8 millions de tonnes de ces déchets se répandent chaque année dans tous les océans et finissent par polluer les écosystèmes marins chaque année selon la Fondation Ellen MacArthur.

Tous les yeux seront donc rivés sur Nairobi, durant la prochaine semaine dans l’espoir que les Etats membres participants, trouvent un consensus sur le sujet brûlant du plastique.

La cinquième Assemblée des Nations unies pour l’environnement sera suivie d’une session spéciale, appelée UNEP 50, qui se tiendra les 3 et 4 mars 2022, pour commémorer le 50e anniversaire de la création du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). L’occasion de renouveler les engagements en s’appuyant sur les résultats obtenus dans le passé. Un sommet crucial à suivre.

Rencontre avec ces djiboutiens qui ont la main verte

Des jardins et des balcons fleuris à Djibouti ?! Impossible me diriez-vous ? C’est aussi ce que je pensais jusqu’à ce que je découvre la page Facebook “Jardiniers amateurs à Djibouti”. Que ce soit pour le plaisir ou pour s’en nourrir, ces jardiniers ont placé l’amour de la nature au cœur de leur vie. Rencontre avec Ifrah et Choukri, deux passionnées du jardin qui réussissent bien des merveilles à Djibouti.

 

 

Quoi de plus reposant qu’un beau jardin ? Des fleurs aux légumes, tout est bon, tout est beau dans le jardin. Véritable anti-stress, source de bien-être pour le moral et le corps, il est un espace privilégié pour petits et grands. Et c’est justement pour échanger autour de cette passion du jardin que la page Facebook « les Jardiniers amateurs de Djibouti » a vu le jour en janvier 2020.

Du novice à l’ expérimenté, du jardinier d’agrément au passionné de potager, le groupe est un lieu d’échange entre tous les jardiniers amateurs à Djibouti. Il compte à ce jour plus de 1400 membres qui postent des photos de leurs bouts de jardin, partagent leurs expériences et échangent leurs bons plans. Nous avons eu l’immense plaisir de recueillir le témoignage de deux membres, Ifrah Said Farah la créatrice de la page “les Jardiniers amateurs de Djibouti” et Choukri Abdillahi Mohamed, une jardinière membre très active sur la page Facebook.

Ifrah et “Beer Baldi, le jardin suspendu

Ifrah Said Farah enseigne à l’Université de Djibouti et à côté de son métier passionnant, elle possède une passion tout aussi dévorante : le jardinage. Jardinière hors-pair, tout pousse chez elle : fleurs, arbres fruitiers, plantes médicinales. “C’est bizarre mais comme je n’ai pas suffisamment de sol, je cultive dans des pots ou le plus souvent dans des boîtes récupérées (bidon d’huile, de Javel, boîte de lait vide…). 80% de mon jardin est constitué en pots” nous affirme-t-elle. C’est elle qui a été à l’initiative du groupe les Jardiniers amateurs de Djibouti, véritable mine d’or pour les amoureux des plantes. Elle nous raconte aujourd’hui son histoire.

D’où est venue cette passion pour les plantes ?

J’ai été initiée au jardinage durant mes études universitaire en France. La famille chez qui je logeais avait un grand jardin dans la ville de Toulouse. La mère de famille plantait et entretenait toute seule son jardin. J’ai commencé à lui donner un coup de main de temps en temps le week-end et puis, petit à petit j’ai pris plaisir à cette activité qui me détend et finit par la pratiquer toute seule. De retour au pays, j’ai eu l’agréable surprise de voir le jardin du Kempinski. De plus, dans mes recherches sur les plantes et le climat, j’ai vu plusieurs vidéos du « Miracle Garden » de Dubaï. Ce qui a été réalisé là-bas est effectivement un véritable miracle, dans ce pays qui a presque le même climat que Djibouti. C’est à partir de là que mon amour pour les plantes a démarré et que le jardinage est devenu pour moi un challenge et surtout une passion.

Qu’est-ce qui te plaît tant dans l’aménagement d’un jardin ?

Au fait, en matière d’aménagement, je suis très art graphique. Tout doit être harmonieux dans un jardin pour constituer un bel espace intérieur vert et fleuri qui appelle à la détente et la sérénité. Les couleurs, les formes et les objets doivent concourir à créer une mini-jungle où les humains, les oiseaux, les papillons et abeilles trouveraient leur quiétude.

Pourquoi as-tu créé le groupe « Jardiniers amateurs à Djibouti » ?

Quand notre jardin d’intérieur a commencé à prendre forme avec de belles plantes à fleurs, des arbres fruitiers (melon, grenadier, bananier, corossolier, papayer, badamier, madheedh), un petit potager (tomates, gombos, aubergines, coriandre, basilic, menthe), les amis qui nous rendaient visite étaient incroyablement étonnés. Ils ne pensaient pas que tout ça pouvait pousser dans une maison et surtout dans des pots pour certaines plantes. C’est à ce moment-là que je me suis dit qu’il faudrait peut-être montrer à plus de personnes ces réalisations pour sensibiliser un maximum de personnes à la plantation d’arbres. Il fallait surtout montrer que c’est possible, si nous l’avons fait, c’est que tout le monde peut le faire, à condition d’aimer la verdure et d’y croire. Mon rêve d’un Djibouti vert a pris forme dans ma tête et les sensibilisations passent mieux à travers les réseaux sociaux. De là est partie la création du groupe « Jardiniers amateurs à Djibouti » sur Facebook.

Est-ce qu’il est difficile d’avoir un jardin à Djibouti à cause du climat ?
 

C’était un challenge pour mon mari et moi d’arriver à créer et à maintenir un petit jardin dans la maison. Il nous a suffit de choisir des plantes tropicales qui résistent à ce climat. Pour ma part, j’ai commencé par jeter toutes les graines ramenées de France et qui ne prenaient pas ici. Ce qui est normal car nous n’avons pas les mêmes conditions climatiques. Ensuite, nous avons entrepris de visiter les jardins d’Ambouli les week-ends pour nous ressourcer et avoir une idée de la flore locale survivante. D’ailleurs, les conseils des jardiniers professionnels d’Ambouli nous ont beaucoup aidés à démarrer notre projet de plantation. De cette façon, nous nous sommes fait une idée des plantes qui conviennent au climat de notre pays.

Quelles sont tes plantes favorites ?

Mon coup de cœur, ce sont les plantes à fleurs car je trouve qu’elles égayent vraiment une maison et participent à la création d’un micro-système (oiseaux, abeilles, papillons). Ma plante favorite est le bougainvillier qui se dégrade en 4 couleurs et nous donne des fleurs rouges, roses, oranges et blanches à longueur d’année. J’aime bien aussi la plante de menthe. Parfumer son thé avec la menthe coupée de son jardin est un plaisir et une saveur incommensurable.

 

Le paradis familial de Choukri

Très active dans le domaine de l’entreprenariat, ce sont ses nombreux déplacements professionnels en Europe et au Canada qui ont inspiré à Choukri la passion du jardin. Mais chez elle, le jardin c’est aussi une histoire de famille.  C’est d’abord son papa qui lui a transmis plus jeune cette passion pour les plantes, cette envie de jardiner et de créer son jardin. J’entretiens le jardin depuis presque 10 ans, suite au décès de mon père puisque c’est lui qui s’en occupait auparavant. nous confie-t-elle. Elle a depuis façonné de beaux jardins dans sa maison à Djibouti, mais également chez elle à Arta.

Que te procure ton jardin ?

Pour moi, faire une pause dans mon jardin chez moi à Djibouti, à Arta, ou même dans mon institut me procure un sentiment de bien-être. Ce sont des moments privilégiés qui me permettent de me débarrasser du stress dû aux longues journées de travail et c’est surtout une source d’inspiration.

Mes étudiants aiment beaucoup se prendre en photo dans la verdure de mon institut dont les murets transmettent des messages de motivation.

Que t’apporte la page Facebook « Les Jardiniers amateurs à Djibouti » ?

À travers la page, j’ai découvert des personnes avant tout. Des passionnés de plantes et de jardins, de nature en général, avec lesquels j’ai plaisir à discuter. J’ai beaucoup appris aussi sur des plantes dont j’ignorais l’existence, des astuces de jardinage, etc.. Grâce à la page, je trouve également des bons plans d’achats par exemple pour des pots, des graines ou des petites plantes pas chères.

Comment aménages-tu tes espaces verts ?

Je ne suis pas une experte en jardinage mais mon choix dans l’aménagement est plus dans les allées. Je fais par ailleurs appel aux services de jardiniers professionnels djiboutiens pour l’entretien de tous ces jardins.

Quelles variétés de plantes préfères-tu ?

J’aime beaucoup les plantes médicinales et les fleurs de petites de tailles. Mais avant tout, il faut qu’elles soient résistantes à la chaleur de l’été à Djibouti. Dans mon jardin à Arta, je plante beaucoup d’arbres fruitiers comme le papayer, le manguier, le grenadier, etc..

Que trouves-tu difficile dans le jardinage ?

Pour moi, ce serait reconnaître les mauvaises plantes. Une autre difficulté est de connaître les périodes à laquelle une certaine plante doit être entretenue. Pour cela, il suffit juste de donner de son temps en entretenant suffisamment son jardin.

Les conseils précieux de nos jardiniers

Quelles sont selon vous les 3 pratiques indispensables à mettre en œuvre pour un beau jardin ?

À cette question, toutes les deux s’accordent sur l’importance de l’entretien des plantes qui peut être souvent chronophage. “Entretenir constamment en arrosant, en enlevant les mauvaises plantes et en prévenant l’installation des insectes est primordial” souligne Choukri. Pour Ifrah, il faut savoir choisir des plantes résistantes au climat et avoir une passion pour le jardinage.

 

Les conseils d’Ifrah pour les novices du jardinage

“Je conseillerais à une personne qui débute de commencer tout doucement avec des plantes résistantes potagères (basilic) ou fleurs (bougainvillier, pervenche, Tahiti, hibiscus). Dans un premier temps, il faudrait mieux se procurer ces plantes auprès des professionnels car on gagne énormément de temps (la plante est déjà grande et l’entretien est plus aisé durant cette étape).

Ensuite, il faut recréer les conditions optimales pour que la plante s’acclimate et survive (de la bonne terre de jardin, ou du terreau, du soleil et de l’eau). Et surtout il faut faire attention à l’arrosage qu’il faudra nécessairement ajuster en fonction des besoins de la plante et des saisons.”

 

“Rien ne pousse à Djibouti”, que répondez-vous à cette affirmation ?

 

“Il y’a la fausse idée à Djibouti que rien pousse et dissuade les djiboutiens de se mettre au jardinage.” nous dit Choukri. Un point de vue partagé également par Ifrah. “Je pense qu’il y a surtout un frein mental. Il faut aller au-delà des préjugés, essayer, réessayer pour arriver au but” nous affirme Ifrah. “Faire verdir et fleurir sa maison à Djibouti n’est plus une utopie, c’est devenu une réalité pour moi et pour beaucoup de mes compatriotes passionnés des plantes.“

Djibouti : les dangers liés aux déchets urbains

Dans une société où tout se jette, les déchets urbains sont un enjeu qui touche à la santé des individus, à leur bien-être mais aussi à l’environnement. Quels dangers potentiels représentent-ils ? Sur l’environnement, sur notre santé ?

Tous les jours, on génère de grandes quantités de déchets : nourritures, sacs en plastique, papiers, vieux téléviseurs, vieilles voitures, batteries, déchets sanitaires, déchets industriels…la liste est très longue. La gestion des ordures ménagères est ainsi devenu un problème universel qui concerne toutes les grandes villes de la planète.

La gestion des déchets ménagers pose également un sérieux problème à Djibouti. Dans certains endroits, les ordures ménagères sont jetées à même le sol et s’amoncèlent aux coins de rue, ce qui ne facilite pas les opérations de chargement et contribue pour une part à l’insalubrité généralisée des quartiers. Une pollution qui au-delà de la capitale, a fait son chemin même dans les zones les plus reculées du pays.

 

Pourquoi une telle situation à Djibouti ?

 

Plusieurs causes sont en cause, notamment un taux de couverture d’assainissement insuffisant. En effet, le système de collecte est actuellement assuré par le service de propreté de la ville de Djibouti qui effectue les opérations de collecte des ordures ménagères dans les différents quartiers de la ville. Ces déchets sont ensuite acheminés au centre d’enfouissement technique (CET) situé dans la banlieue de Douda. Le problème est que la fréquence et le taux de collecte restent insuffisants dans beaucoup de quartiers, obligeant certains citoyens à jeter les déchets dans les voies publiques ou dans les caniveaux.

La croissance élevée de la population (à +2,8% en 2017) qui se traduit par l’accroissement de la taille des villes, explique également aussi la problématique des déchets ménagers urbains. Cet accroissement urbain mais aussi l’afflux de réfugiés, suite aux grands bouleversements régionaux, entraînent une occupation anarchique de sites non lotis et l’apparition des nouveaux quartiers sans infrastructures adéquates.

Un dernier point important concerne le manque de sensibilisation des populations quant à la gestion des ordures urbaines. En effet, une grande majorité des djiboutiens n’a pas été éduquée à la gestion des déchets et participe activement à la pollution de la ville. Il est normal, pour la plupart d’entre eux, de jeter leurs déchets dans la nature. Ils ne se rendent pas compte de l’impact de ces gestes anodins sur l’environnement et sur leur santé. Par ailleurs, il arrive que malgré les nettoyages de certaines zones par les services de la voirie, les comportements sociaux perdurent, et les déchets s’entassent de nouveau rapidement. Changer les mentalités et les comportements des djiboutiens est donc une réelle urgence.

Cette situation engendre des nuisances importantes pour les habitants avec des conséquences néfastes sur leur santé, sur l’environnement et sur les ressources naturelles.

L’impact des déchets sur..

 

  • L’environnement

     

En plus de la pollution visuelle et olfactive, la mauvaise gestion des déchets affecte directement de nombreux écosystèmes et de nombreuses espèces. Ces déchets peuvent être également la source de plusieurs types de pollutions.

Pollution du sol : Les déchets qui ne sont pas collectés de manière adéquate se retrouvent dans la nature. Lorsqu’ils se décomposent, leurs composants (particules de plastique, certaines molécules, etc.) sont libérés et polluent l’environnement. Souvent, la forte interaction entre le sol et les produits toxiques et germes pathogènes issus des déchets ménagers, conduisent à une altération drastique des propriétés du sol.

Ces composants persistent pendant des périodes plus ou moins longues dans la nature. Il convient de noter que la durée de vie d’une canette en métal est de 100 à 500 ans contre 450 ans pour un sac en plastique.

Pollution de l’eau : Les infiltrations qui ont pour origine essentiellement le ruissellement des eaux de pluie, peuvent entraîner vers les sous sols des déchets tels que les piles, les huiles de vidange ou les acides de batteries. Ces produits chimiques hautement toxiques s’infiltrent alors dans les sols et peuvent rejoindre les nappes phréatiques, polluant ainsi la ressource en eau. A savoir que les rejets humains sont la première cause de pollution de l’eau douce.

Pollution atmosphérique : Une fois jetés à la poubelle puis collectés par les services de gestion des ordures, nos déchets seront acheminés dans des centres de stockage, ou décharges. Leur dégradation libère du méthane qui est après le dioxyde de carbone, le deuxième gaz qui contribue le plus au changement climatique. Lors de la dernière COP qui s’est tenue à Glasgow, ce gaz hautement toxique était au centre des discussions. Une centaine de pays s’étaient alors engagés à réduire leurs émissions de méthane de 30% d’ici 2030 par rapport à 2020.

  • La santé

     

Par ailleurs, on assiste à l’incinération de déchets à ciel ouvert un peu partout dans Djibouti-ville et dans les banlieues.  Or, cette pratique entraîne des risques pour la santé pour ceux qui sont exposés directement à la fumée. En effet, le brûlage de déchets à ciel ouvert – y compris des matériaux en apparence inoffensifs comme le papier, le carton, les résidus verts, et les matériaux de construction – libère un mélange dangereux de composés cancérigènes et d’autres substances toxiques lorsque ces matériaux sont brûlés à ciel ouvert.

Les personnes ayant un système respiratoire sensible, ainsi que les enfants et les personnes âgées sont les plus susceptibles d’être affectées. Voici un éventail des polluants issus des émissions de dioxines et de furanes dans l’environnement auxquels nous pouvons être exposés à Djibouti et leurs risques éventuels pour la santé :

Djibouti, future ville propre et éco-responsable ?

C’est un fait, la ville de demain va de pair avec le développement durable. Pourquoi ? Parce que nos modes de vie actuels sont responsables de la dégradation de notre environnement. Il devient alors nécessaire de prendre en compte l’aspect environnemental dans le développement de nos sociétés. Le concept de “ville durable et écoresponsable” devient alors indispensable pour faire face aux défis environnementaux. Comment Djibouti-ville pourrait-t elle devenir une ville éco-responsable où il faut bon vivre ? Quels efforts devraient être faits pour réussir la transition écologique et sociale?

 

Moins de déchets

Mettre à disposition des foyers modestes des bacs à ordure. Cela facilitera le travail de collecte des déchets solides dans les quartiers de la ville. Et pourquoi ne pas mettre en place un système de compostage des déchets de cuisine récupérés dans les ménages d’un même quartier? Le compost crée servirait aux jardins et à l’agriculture urbaine pour la production d’aliments bio.

Il faudrait accompagner ces mesures par une politique publique plus offensive qui responsabilise chaque citoyen. Abandonner ses déchets dans la rue ou ne pas respecter les règles de collecte définies par la mairie devrait être puni d’une amende pénale. Aux grands maux, les grands remèdes.

Plus de nature en ville !

En matière d’écologie, les villes les plus célèbres comme Oslo ou Copenhague se démarquent par la mise en valeur de plus d’espaces verts dans tous les quartiers. A Djibouti aussi, la ville devrait engagée une démarche environnementale forte en augmentant le nombre d’arbres plantés et d’espaces verts.

Plus de parcs dans les quartiers, plus de jardins publics dans la ville, plus d’arbre, l’idée étant de rendre les villes plus agréables avec des espaces communautaires où les enfants peuvent jouer et les habitants peuvent se retrouver.

Par ailleurs, il est important d’y intégrer des espaces verts. En effet, l’utilisation intempestive des climatiseurs, le béton, la concentration des activités et le manque de végétation créent des îlots de chaleur urbaine autour des habitations. La ville devient alors un véritable four, invivable pour ses habitants, surtout pendant les périodes de canicule qui se multiplient ces dernières années avec le réchauffement climatique.

En plus de produire de l’oxygène, d’absorber le CO2 et de filtrer les polluants présents, les arbres régulent la température et jouent également un rôle de climatiseur naturel.  Ils peuvent en effet rafraîchir l’air ambiant de 2° à 8°C selon la quantité et leur placement.

D’après une étude de l’ADEME ( Agence française de l’environnement et de la Maitrise de l’énergie), “un arbre mature au sein d’une plantation d’arbres peut évapore jusqu’à 450 litres d’eau par jour, ce qui rafraîchit autant que cinq climatiseurs fonctionnant 20 heures par jour“.

Intégrer la verdure serait ainsi une solution pour lutter contre la chaleur et ramener un peu de fraicheur dans la ville. Il faudrait sensibiliser et encourager les constructeurs et principalement les habitants à laisser des espaces entre les bâtiments pour y implanter des espaces verts. Les arbres et la végétation ont définitivement leur place à Djibouti-ville.

Une ville éco-responsable, des citoyens éco-responsables

Être éco-responsable est une initiative d’abord personnelle qui vise à réduire son impact environnemental avec la conviction que chaque geste peut faire une différence. L’éco-citoyenneté se traduit par une multitude d’actions simples et faciles qui en commun, peuvent avoir un impact important pour le pays.

Il est indispensable d’impliquer les citoyens à Djibouti dans une démarche éco-responsable. C’est le moyen d’intégrer les préoccupations environnementales au cœur des foyers mais aussi de les aider à mettre en œuvre les bonnes pratiques éco-responsables chez soi, au bureau et partout dans la ville de Djibouti. Éteindre la lumière en quittant une pièce, augmenter la température du climatiseur, débrancher les appareils une fois chargés, jeter ses déchets dans la poubelle, réduire son utilisation du plastiques…il suffit souvent de gestes écologiques simples, de nouvelles habitudes, qui répétés, feront des économies de ressources naturelles et de dépenses familiales.

Créer un bureau dédié à l’environnement dans chaque quartier. Sous la direction des chefs de quartiers, sa mission serait de sensibiliser avec pédagogie, d’accompagner les habitants à devenir éco-responsable à Djibouti ;

Encourager l’agriculture locale et le commerce solidaire par la création d’un supermarché de produits djiboutiens bio. Un énorme coup de pouce pour les agriculteurs du pays!

Créer des jardins communautaires entretenus par les habitants pour les sensibiliser au travail de la terre.

Écologie : Les éco-gestes sont-ils suffisants ?

Le monde connait actuellement une crise écologique inquiétante et ce n’est plus un secret pour personne. Néanmoins la question qui revient souvent dans les débats est de savoir qui doit agir en priorité ? Est-ce que nos initiatives seules suffiront à faire la différence et sauver la planète ?

Depuis quelques années, la prise de conscience liée aux problématiques environnementales a bien évolué. Les discussions tournent sur l’écologie tournent autour des éco-gestes en adoptant un mode de vie responsable et respectueux de la natureMais qui doit agir ?

Le citoyen lambda ou les grosses usines qui rejettent de tonnes de CO2 par an ? Est-ce que les pays pauvres et les pays développés ont la même responsabilité ? Doit-on rejeter toute la faute sur l’Etat ou devenir soi-même acteur du changement ?

Difficile de pointer du doigt un responsable. Nous partageons tous individuellement et collectivement une même responsabilité vis à vis de l’état actuel de la planète. Par conséquent, chacun à son niveau peut agir pour l’environnement pour laisser une meilleure planète aux générations futures. Parmi les initiatives personnelles pour l’écologie, on entend beaucoup parler des éco-gestes.

 

Les initiatives individuelles sont nécessaires…

 

Un éco-geste est un geste quotidien simple à adopter pour diminuer son impact sur l’environnement. Réduire ses déchets, limiter sa consommation d’énergie, faire attention à son utilisation d’eau, lutter contre la pollution au plastique…ces gestes sont à la portée de tout le monde, du plus jeune au moins jeune.

“Idée reçue : « les éco-gestes ne servent à rien »

Faux. Par exemple, une étude menée en France par Carbone 4, un cabinet de conseil spécialisé sur la transition énergétique a révélé que les éco-gestes permettaient une baisse de 25% des émissions de CO2 par habitant (avec une moyenne de de 10,8 t de CO2 par habitant et par an). Les initiatives individuelles ne sont pas donc négligeables si elles sont réalisées quotidiennement par le maximum de personnes.

De plus, en adoptant un mode de vie plus respectueux de l’environnement, vous inspirerez vos familles, vos amis, vos collègues à faire de même. Plus les citoyens seront nombreux à changer leur comportement pour réduire leurs émissions, plus ils pourront influencer les autorités et les forcer à prendre des lois pour préserver le climat et l’environnement. Les citoyens ont donc un devoir moral de rappeler aux pouvoirs publics d’assumer leurs responsabilités à l’égard des problèmes environnementaux.

“Faire sa part est absolument indispensable pour réussir collectivement.”

 

..Mais les écogestes seuls ne suffisent pas

 

Si les écogestes sont importants, ils sont insuffisants car les problématiques liées au climat et à l’environnement dépassent largement le cadre du simple individu. Nos actions individuelles sont limitées car nous dépendons d’un système qui prône le capitalisme, ne laissant aucune place à la préservation de la planète.

Il n y’a qu’à voir notre totale dépendance vis à vis des énergies fossiles dans nos villes qui assurent aujourd’hui 80% des besoins énergétiques mondiaux. En 2018, la production mondiale de matières plastiques a atteint un niveau record de 359 millions de tonnes.

Conclusion : même si l’engagement personnel est important, l’État doit engager une transformation profonde des structures de nos sociétés pour lutter contre notre dépendance des énergies fossiles. A quoi ça sert de troquer son véhicule contre un vélo s’il n’existe pas de pistes cyclables ? Pourquoi trier ses déchets si un système de recyclage n’a pas été mis en place ? Pour que les éco-gestes et l’écologie trouvent leur sens, il faut qu’elles soient surtout accompagnées par des transformations de nos modèles de sociétés et c’est à l’État que revient que cette responsabilité.

 

Il faut une forte volonté politique

 

Pourquoi il est important que l’État agisse lui aussi ? Parce que les changements de comportements seuls ne freineront le réchauffement planétaire, ni la pollution plastique qui gangrène les pays du monde. C’est à l’État, aux entreprises et aux collectivités de faire bouger les systèmes en place. Ils doivent faire leur part du travail en créant un environnement propice respectueux de la nature.

A Djibouti, il serait intéressant de faciliter l’obtention des prêts des particuliers pour installer les énergies renouvelables, mettre en place une réglementation thermique applicable à toutes les constructions neuves pour réduire la consommation énergétique des bâtiments, encourager le respect de l’environnement par des aides ou des exonérations fiscales.

Il peut également s’attaquer à la gestion des déchets en améliorant le système en place, en faisant respecter scrupuleusement l’arrêté sur l’utilisation et la commercialisation des sacs plastiques et en durcissant les règles quant aux incivilités sur la voie publique. Autrement dit, les actions individuelles peuvent beaucoup changer, à condition qu’elles soient accompagnées par une forte volonté politique.

 

Une meilleure représentation de l’Afrique sur la scène internationale

 

Les pays jouent également des rôles essentiels notamment en adoptant des lois et au travers d’accords internationaux. Pour sauver la planète, les chefs d’Etat doivent en effet se mobiliser et ceux du continent africain plus que les autres. En effet, l’Afrique ne représente que 4% des émissions mondiales de carbone mais est le continent le plus vulnérable aux effets néfastes des changements climatiques.

Mais les pays du vieux continent peinent à faire entendre leurs voix. Le dernier exemple avec la COP25 qui s’est tenue à Madrid le 15 décembre 2019 où les demandes de financements demandés par les pays africains n’ont pas été entendues.

L’Afrique dispose déjà du Groupe des négociateurs africains (AGN), une branche de l’Union africaine (UA) qui représente le continent dans les négociations internationales sur le climat mais son influence est encore limitée. Un rapport publié par la fondation allemande Heinrich Böll Stiftung mentionne les freins auxquels l’AGN fait souvent face :

  • Lors des sommets pour le climat, contrairement aux pays développés qui envoient des délégations composées de plus de 50 personnes, les pays africains arrivent difficilement à envoyer deux négociateurs généralement. Difficile alors à deux négociateurs d’être présents à toutes les différentes réunions qui se tiennent souvent en parallèle et de défendre correctement les intérêts africains ;
  • Les représentants africains sont peu formés techniquement et juridiquement sur la science du climat. Il est aujourd’hui impératif pour les états africains de renforcer la recherche scientifique une meilleure représentation sur la scène mondiale. Nous avons besoin de scientifiques africains prêts à négocier pour l’Afrique lors des conférences mondiales ;
  • Enfin, la communication entre les représentants africains est insuffisante. Les pays africains doivent renforcer leurs collaborations afin de mieux défendre les intérêts du continent.

Les états africains doivent être mieux préparer pour faire savoir leurs positions et éviter le pire à leurs pays.  En somme, la transition écologique a besoin de l’implication de tous les acteurs : états, collectivités, entreprises et bien celle des citoyens.

Pollution numérique, un mal invisible

Envoyer un mail, faire une recherche sur Google, regarder un film en ligne ou bien surfer sur les réseaux sociaux, tous les jours nous effectuons des actions qui semblent simples et anodines. Mais saviez-vous que ces activités numériques sont très polluantes ? C’est ce que l’on appelle la pollution numérique ou digitale avec un impact sur l’environnement encore souvent méconnu.

 
 

La pollution numérique, c’est quoi ?

La pollution numérique c’est la pollution environnementale engendrée par les nouvelles technologies. Cette pollution numérique provient d’une part de l’utilisation globale d’Internet mais également de la fabrication massive de nos appareils technologiques et de leurs usages.

 

Pendant de très nombreuses années, le numérique était considéré comme un levier de croissance économique, de développement social et environnemental. C’était aussi le moyen de réduire l’impact écologique de nos sociétés par la dématérialisation de nos informations et nos processus. Mais ce modèle montre aujourd’hui ses limites avec une pollution numérique en constante progression. Elle représentait 1% des émissions de gaz à effet de serre il y’a 15 ans, en 2020 était de 4% et en 2025, elle est prévue à 8%.

 

 

Les 3 principales sources de pollution numérique

 

 

  1. La fabrication des équipements numériques nécessite une grande quantité d’énergie à cause de l’extraction de minerais précieux et rares. Cette étape en en plus d’un désastre écologique avec la pollution des rivières et des nappes phréatiques, c’est aussi un drame sanitaire car l’extraction se fait dans des pays pauvres et souvent minés par les guerres civiles. La fabrication représente 80% de la pollution numérique, ce qui en fait la phase la plus polluante.
  2. Une fois fabriqués, l’utilisation des outils numériques pose un vrai souci écologique. Les millions de données échangés dans le monde sont stockées dans des centres de stockage appelés “datas centers” qui sont alimentés en électricité en continu. Selon les experts, si Internet était un pays, ce serait le troisième plus gros consommateur mondial avec 70 milliards de kilowatt par jour derrière la Chine et les États-Unis.
  3. La troisième cause de la pollution numérique est la pollution générée par les objets numériques en fin de vie. En effet, il est de plus en plus difficile de les recycler, ils finissent alors dans des décharges à ciel ouvert dans les pays pauvres, ce qui est alourdit un peu plus l’empreinte écologique du numérique.

 

 

Top 10 des gestes pour réduire son impact digital

 

L’écologie digitale, encore peu connu, permet de sensibiliser tout le monde sur une meilleure utilisation du numérique pour éviter la pollution liée au secteur. Le but n’est pas de stopper complètement la progression technologique mais de la ralentir. Voici donc 6 bonnes pratiques d’écologie digitale à adopter pour diminuer votre pollution numérique :

 

1. Une boîte mail plus légère

 

Faites régulièrement du tri dans votre boite mail en supprimant tous les emails inutiles (spams, brouillons) et en vidant la corbeille. Vous pouvez soit le faire manuellement, soit utiliser une application gratuite comme Cleanfox qui vous débarrasse des emails, newsletters, spams indésirables d’un clic. Un email stocké dans une messagerie pendant un an, c’est 19 g de CO₂.

 

2. Une meilleure utilisation des moteurs de recherches

 

Fermez les onglets que vous n’utilisez pas pour éviter de solliciter les serveurs et générer ainsi une dépense d’énergie inutile. Enregistrez les sites que vous utilisez le plus souvent en favoris pour éviter des requêtes supplémentaires.

 

7g c’est l’émission de CO₂ produite par une recherche Google.

 

3. Adoptez des moteurs de recherche éco-responsables

 

Utilisez des moteurs de recherches respectueux de l’environnement comme Ecosia qui reverse 80% de ses bénéfices à la plantation d’arbres dans le monde. 1 arbre planté toutes les 45 recherches effectuées. Il y’a aussi le moteur de recherche français Lilo qui finance des projets liés à la protection des animaux et de l’environnement.

 

4. Faites attention aux vidéos

 

Plus la définition de vos vidéos est élevée, plus elle sera lourde et donc polluer. Pensez donc à réduire la qualité des vidéos. Préférez le téléchargement au streaming. En effet, selon Greenpeace, le streaming vidéo émet plus de 300 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an, ce qui représente l’équivalent annuel des rejets de CO2 d’un pays comme l’Espagne.

 

5. Chouchoutez vos appareils

 

Prenez soin de vos appareils pour ne pas en changer tous les 2 ans. On devient écolo jusqu’au bout!

 

6. Débranchez tout

 

Lorsque vous ne les utilisez pas, éteignez vos appareils électriques tels que le modem et le routeur, plutôt que de les laisser en mode “veille”. Vous faites des économies d’énergie et donc moins de pollution.

 

D’ici 5 ans, si rien ne change, la pollution du secteur du numérique pourrait dépasser celle du trafic automobile mondiale. Sensibiliser donc autour de vous à l’écologie digitale pour réduire la pollution liée au numérique et aider la planète. Alors agissons ensemble!

Djibouti : Le bâtiment, un gouffre énergétique

Les bâtiments sont un véritable gouffre énergétique dans les pays africains et Djibouti ne fait pas exception à la règle. Avec une urbanisation rapide, les villes africaines ne peuvent plus ignorer la question de la régulation de l’énergie dans le bâtiment. Zoom sur les défis et les enjeux liés à ce secteur.
 
 
 

Des villes qui explosent 

À l’échelle mondiale, les bâtiments sont les plus gros consommateurs d’énergie. Selon le rapport, publié par l’Alliance mondiale pour les bâtiments et la construction (GlobalABC), hébergée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le secteur représentait 36% de la consommation finale d’énergie et 37% des émissions de CO2 liées à l’énergie en 2020 et ces chiffres pourraient doubler voire tripler d’ici 2050.

“Le secteur des bâtiments en Afrique abrite 50% de la consommation totale en énergie électrique” a déclaré Serigne Mansour Tall, chargé de programme à l’ONUHABITAT.

La même tendance est, en effet, observée sur le continent africain. Et la demande en énergie devrait s’accroître considérablement avec la forte urbanisation du continent. La population africaine devrait ainsi atteindre 2,4 milliards de personnes d’ici 2050, dont plus d’un milliard de citadins, selon les Nations Unies. Une situation qui, par conséquent, multipliera par quatre le parc immobilier en Afrique. 

A Djibouti, la très forte urbanisation et la hausse de la population mettent les réseaux électriques encore plus sous pression. La capitale Djibouti-ville qui concentre à elle seule, plus de 60% des habitants du pays est ainsi confrontée à un accroissement de la demande de logement. L’énergie étant l’une des plus grandes sources de dépense dans un bâtiment. Il devient aujourd’hui nécessaire de réguler ce secteur qui offre des économies d’énergie et de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, importantes et accessibles.

Comprendre l’énergie consommée par un bâtiment 

Quand on parle de l’énergie consommée d’un bâtiment, il convient tout d’abord de distinguer deux éléments. D’une part, il y a la consommation d’usage (chauffage, eau chaude sanitaire, éclairage, ventilation, climatisation). Une énergie que l’on peut facilement suivre et quantifier notamment à l’aide de compteurs. D’autre part, il y a ce que l’on appelle couramment l’énergie « grise » : l’énergie utilisée lors de l’extraction de la matière, de la transformation, du transport et de la construction d’un bâtiment. Lorsque celui-ci est déconstruit, s’ajoute également l’énergie nécessaire à cette déconstruction.

Si dans le passé, cette notion a été négligée, la prise en compte de la consommation énergétique nécessaire à la construction du bâti s’avère désormais décisive. En effet, l’énergie « grise » peut représenter jusqu’à 50% de l’énergie totale consommée sur 40 ans d’un bâtiment ! Prendre en compte l’énergie grise est donc un facteur pertinent dans l’aménagement ou la construction d’une habitation. Il est aujourd’hui possible de s’orienter vers des matériaux et équipements ayant un faible coût en énergie grise, et d’être véritablement acteur de sa consommation énergétique de la conception de son bâtiment jusqu’à son exploitation.

Pourquoi le bâtiment consomme autant à Djibouti ?

 

 

Historiquement, avant l’adoption du mode de vie moderne, la plupart des habitants à Djibouti vivaient de manière plus harmonieuse avec leur environnement. La case de la famille (appelée toukoul ou daboyta) était généralement composée de matériaux légers et qui provenaient directement de leur environnement : des fibres végétales en toiture comme les feuilles de palmier doum, tapis, peaux, cordelettes. Les habitats traditionnels étaient de plus relativement adaptés à leur mode de vie et surtout au climat du pays.                   

Des constructions récentes mal adaptées

Au fur et à mesure du développement urbain et en quête d’une certaine modernité, le bâtiment africain s’est malheureusement coupé de sa tradition bioclimatique. Un ensemble de savoir-faire qui a pourtant permis aux habitants d’affronter les climats extrêmes de la région. Les constructions traditionnelles ont alors laissé place à des modèles constructifs inspirés des pays tempérés et souvent inadaptés au contexte climatique local. 

Les matériaux d’usage récent comme le béton, le verre ou la tôle métallique – très utilisés à Djibouti et dans tout l’Afrique pour l’enveloppe et la toiture des bâtiments – ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs. Le verre, par exemple, réfléchit le rayonnement solaire vers l’espace environnant, créant des îlots de chaleur, avec un risque d’effet de serre à l’intérieur des immeubles. Le béton, quant à lui, emmagasine de la chaleur la journée et la redistribue en début de soirée et pendant la nuit. Ces procédés constructifs inadaptés aux climats chauds et tropicaux africains génèrent souvent un inconfort thermique souvent compensé par l’usage de la climatisation.

En effet, lorsque comme tous les étés, les températures montent à Djibouti, l’envie de se réfugier à l’abri des climatiseurs devient une nécessité. Des appareils de rafraîchissement qui sont malheureusement très gourmands en énergie. On comprend un peu mieux pourquoi la climatisation pèse autant sur la facture d’électricité des djiboutiens.

             

Des besoins nouveaux en électricité 

Au-delà de l’augmentation importante de la population sur les dernières décennies, ce sont principalement l’évolution de nos modes de vie qui expliquent la consommation croissante d’énergie en Afrique. L’énergie est bien sûr utilisée pour des besoins basiques : s’éclairer, se rafraîchir, cuire des aliments, se laver, etc. Mais de nouvelles habitudes sont aussi arrivées dans nos quotidiens, augmentant nos besoins en électricité. La disponibilité nouvelle d’appareils électroménagers et l’utilisation de plus en plus courante des écrans augmentent fortement notre consommation. Dans son rapport « Africa Energy Outlook » publié en 2019, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne notamment que la demande d’énergie en Afrique progresse deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Ainsi, des constructions qui étaient conçus sans prise en considération des questions énergétiques se trouvent maintenant de plus en plus associés à des besoins énergétiques croissants et de plus en plus diversifiés.

La hausse des températures mondiales 

La climatisation représente une part de plus en plus importante de la consommation électrique du secteur du bâtiment. Pour cause, la répétition des épisodes caniculaires qui poussent les populations à un recours massif à la climatisation. Dans une étude publiée sur la dynamique des températures et ses risques pour les populations en 2019 par le djiboutien Moustapha NOUR AYEH, maître de conférences en géographie, Djibouti est aussi impactée par le réchauffement global. Il reporte une hausse d’au moins 1,48 °C pour la température moyenne, depuis les 50 dernières années. Les températures, déjà très élevées, se sont renforcées dans le pays. Il serait par conséquent logique que le besoin de la climatisation se soit également accentué avec le temps. 

L’action citoyenne au cœur de la transition écologique

Notre média a eu l’opportunité de participer au projet ’22’ organisé par Liverpool Arab Arts Festival et d’avoir représenté Djibouti. Le projet réunit 22 artistes des pays de la Ligue arabe qui partagent leurs histoires, leurs réflexions et leurs expériences face au changement climatique, comme réponses à la COP26. L’occasion pour Amina, notre rédactrice, d’évoquer son parcours vers l’écologie, de l’importance d’une émergence collective citoyenne et de la difficulté des africains à se créer une place dans les débats liés au climat.

Certaines passions ne se discutent pas. Elles rendent heureux, réconfortent et partagées avec les autres, elles favorisent les liens sociaux. Mes passions à moi, je les ai hérités volontiers de mon papa.

Mon père a été professeur pendant presque toute sa carrière. Passionné et très pédagogue, il a toujours été un grand féru de lecture. Nous avons, moi et mes frères et sœurs, baignés dans cet univers remplis de fées, de monstres et d’aventures depuis notre enfance. Petite, on se réunissait tous dans une chambre pour lire, avec chacun un livre en main, juste avant la sieste de l’après-midi. Un moment de complicité et de partage qui était devenu au fil des années, en quelque sorte, un rituel familial.

Grand fan de Nicolas Hulot, de Yann Arthus Bertrand et de National Geographic, mon père aime énormément la nature, les animaux et les grands espaces. J’ai ainsi pris l’habitude de regarder avec lui des documentaires sur la gestion des parcs animaliers, les profondeurs des océans, le sauvetage des dernières girafes au Kenya, la cohabitation des grands carnivores avec l’homme, la fonte des glaciers, la protection des forêts ou encore l’impact de la mondialisation sur l’environnement…Autant de documentaires qui nous émerveillent, nous faisaient voyager, expliquaient un sujet compliqué d’une façon toute simple mais qui nous assurent surtout de jolis moments en famille.

Une transmission, qui s’est faite en douceur, jamais sous la contrainte. Grâce à ma famille, ma passion pour les lettres et mon intérêt pour les sujets environnementaux ont fait un peu partie de ma vie. Puis quand est venu le temps de choisir un métier, je me suis orientée tout naturellement vers le métier d’ingénieure en énergie et développement durable. Un métier m’a permis d’ouvrir les yeux sur de nombreux sujets comme le développement durable ou les énergies renouvelables et qui a surtout renforcé mon intérêt pour l’écologie. Aujourd’hui, ce sujet fait partie intégrante de ma vie, encore plus maintenant que j’ai des enfants. J’essaie aujourd’hui à ma petite échelle d’être plus responsable et écolo dans mes comportements. Et c’est par une envie de partager mon cheminement et toutes les réflexions autour, qu’est née avant tout, l’idée du blog Écolo à Djibouti.

Il y’a aussi ce sentiment qu’à Djibouti et partout en Afrique, l’écologie est un sujet trop souvent confiné dans un cadre, incapable d’atteindre toutes les couches de la population. L’idée était alors de toucher le grand public d’une façon simple pour les sensibiliser à l’un des grands défis du 21ème siècle : celui du respect de l’environnement. De l’information liée au développement durable aux conseils pour réduire ses déchets, Écolo à Djibouti se veut un blog simple avec des articles accessibles et des idées à la portée des individus. Le plus important étant d’informer de manière fiable les citoyens de tous âges pour susciter, peut-être un éveil de la conscience écologique.

L’individuel mène au collectif…

L’écologie est une conscience vis-à-vis de ce qui nous entoure, de la fragilité du monde dans lequel nous vivons et de l’urgence d’en prendre soin. Le partage d’informations est de ce fait un levier important qui informe et sensibilise afin d’initier chez les citoyens un réel changement de perception vis-à-vis de l’environnement. Mais ce n’est pas suffisant malheureusement. En effet, la conscience écologique ne peut naître du seul constat que la vie sur la planète terre est fragilisée. Elle doit être accompagnée d’un changement de comportements de toute la société.

« On sait bien que le changement climatique, c’est grave, mais on ne peut rien faire ».

La posture qui consiste à ne rien faire sous prétexte qu’il y a bien pire que nous sur l’échelle des agresseurs de la planète est vaine. Or il faut agir. Maintenant. Je reste persuadée qu’il faut cesser d’attendre que les changements viennent de l’extérieur et réfléchir ensemble à tout ce qu’on peut commencer à faire dès aujourd’hui. Il n’y a pas de petites actions, elles comptent toutes et permettent à chacun de réduire son empreinte environnementale. Des petits gestes qui, mis bout à bout, font bouger les choses à plus grande échelle.

Peu à peu, de plus en plus de personnes, également sensibles à l’écologie et à la protection de la nature ont émis le désir de rejoindre la démarche portée par le blog. C’est la raison pour laquelle est né le mouvement Écolo à Djibouti qui est venu enrichir le média existant. Il entend fédérer et mobiliser l’ensemble des acteurs de la société pour l’environnement afin de favoriser l’émergence d’actions collectives. Le mouvement souhaite aussi mettre en lumière les initiatives de leurs concitoyens. A travers les articles, les lecteurs et lectrices découvrent les nombreuses initiatives qui naissent chaque jour à Djibouti pour favoriser un développement durable. L’occasion de les soutenir, s’en inspirer et d’amplifier leur impact.

Je pense qu’une attention particulière doit être accordée aux jeunes, acteurs de la transition écologique de demain. L’éducation à l’environnement à un grand rôle auprès des plus jeunes pour leur donner l’envie de préserver leur environnement et adopter dès maintenant des comportements éco-responsables. Je donne régulièrement des cours bénévoles à des lycéens à Djibouti. Une initiative que l’on souhaite étendre à d’autres établissements scolaires à travers le mouvement. C’est en formant les jeunes qui seront les acteurs du monde de demain, que l’on peut changer durablement les mentalités.

Faire entendre la voix de l’Afrique et des africains

A Djibouti comme partout en Afrique, des actions citoyennes s’inventent et prennent tout doucement. Pour se déployer efficacement, elles butent néanmoins sur des limites et des difficultés : manque de légitimité, de coordination, de visibilité, de difficulté à étendre les projets…Elles sont pourtant essentielles dans la mesure où la transition écologique nécessite une réponse collective de tous les acteurs : les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les citoyens. Il est donc important que les Etats africains intègrent la participation des citoyennes et des citoyens dans le cadre des décisions publiques à fort impact environnemental.

En Afrique, l’action citoyenne serait la plus intéressante dans la sensibilisation du grand public. En effet, encore trop peu de personnes sont sensibilisées aux problématiques environnementales qui touchent le continent et qui menacent ses habitants. Beaucoup d’Africains savent par exemple que des incendies ravagent la forêt en Amazonie, mais peu savent que des millions d’hectares de forêt disparaissent chaque année dans le bassin du Congo. Avec un meilleur accès à l’information, ces populations seront alors en mesure, de se réapproprier leurs richesses naturelles et de mieux les préserver.

Mais si les autorités africaines accordent peu d’espace de discussion à la question environnementale, sur la scène internationale, la situation n’est pas mieux où l’Afrique et les communautés indigènes les plus touchées, sont ignorées. Ces populations vulnérables qui sont pourtant en première ligne face aux conséquences du changement climatique, ne sont presque jamais à la une des journaux du monde entier. En août 2021, alors que les médias occidentaux avaient tous les yeux rivés sur les inondations dans le sud de l’Allemagne ou en Belgique, les inondations meurtrières au Niger n’ont fait l’objet que de très peu de couverture.

Et ce manque de couverture médiatique s’étend plus loin avec, notamment, les activistes africains qui ont encore du mal à trouver de l’espace pour s’exprimer. Ils ne manquent pourtant pas d’initiatives dans la lutte contre le réchauffement climatique mais leurs voix portent peu dans le bal des grands sommets mondiaux autour de l’environnement. Le traitement médiatique de la jeune activiste ougandaise, Vanessa Nakate en est un parfait exemple. Près de deux ans après avoir été coupée d’une photo où elle posait avec Greta Thunberg, elle a été une fois de plus, évincée d’une photo au côté de l’activiste suédoise en pleine COP26. Cette invisibilisation de l’Afrique dans les revendications écologiques s’inscrit dans un système où les problèmes climatiques sont considérés comme “des problèmes de Blancs” et où la parole des personnes noires est constamment dévalorisée.

Mais qui est-ce qui amplifie déjà leurs voix dans leurs propres pays ?

Au-delà des exclusions médiatiques, les activistes africains sont bien moins représentés dans les débats sur le réchauffement climatique parce qu’ils affrontent davantage de problèmes que leurs pairs pour y prendre part. Financements limités, manque d’accréditation et surtout un manque de soutien de leurs États limitent la participation de la jeunesse la plus exposée aux effets du changement climatique. Les États africains manquent alors bien souvent de capacités techniques pour négocier sur un pied d’égalité avec leurs partenaires du Nord. Que peuvent-ils faire ? Beaucoup, mais en premier lieu, ils devraient fournir à leurs citoyens et citoyennes toutes les clés pour comprendre et agir en faveur de l’environnement. Les politiques doivent surtout s’appuyer sur la force de l’engagement citoyen dans la transition écologique. Ils seront plus à même de réclamer plus d’actions de la part des pays du Nord et de peser sur les décisions politiques environnementales sur la scène internationale.

Cela suffira-t-il pour changer la donne ? Une chose est sûre : si on n’essaie pas, ça ne marchera pas !

COP 26 : Un bilan très faible

La COP26, s’est achevée samedi 13 novembre avec l’adoption du “Pacte de Glasgow “. Un accord très critiqué au vu de ses engagements jugés insuffisants pour ni pour limiter le réchauffement climatique à 1.5°C, ni pour répondre aux demandes d’aide des pays pauvres.

 

Un accord sur le charbon très décevant

Mettre un terme à la déforestation, réduire les émissions de méthane, réussir la neutralité carbone… si la première semaine de la COP 26 a été marquée par de nouvelles initiatives ambitieuses, le grand rendez-vous pour le climat s’est finalement achevé sur une mauvaise note. Pour cause, le changement de dernière minute venu de l’Inde, sur le sujet très attendu des énergies fossiles et plus particulièrement du charbon. Que s’est-il passé ?

Pour la première fois, les énergies fossiles étaient pointées du doigt dans un texte de COP. 190 pays et organisations s’étaient mis d’accord pour sortir progressivement du charbon. Mais alors que l’approbation de l’accord semblait acquise, le délégué indien a déclenché un véritable coup de théâtre. S’opposant au principe indiquant une “suppression” progressive du charbon, il a tout bonnement proposé de le remplacer par celui de “réduction” à la place.

Il ne s’agit donc plus de « sortir progressivement » (phase out en anglais) dans le rapport final, mais tout simplement de « réduire progressivement» (phase down en anglais). Un situation qui a profondément déçu bon nombre de délégations et d’ONG présentes. Le président de la COP, Alok Sharma, visiblement très ému et les larmes aux yeux s’est aussi dit «profondément désolé» par la situation. Rappelons que le charbon est responsable d’une grande partie des émissions de gaz à effet de serre et représentait en 2019. Près de 60 % de l’électricité produite en Chine, en Inde et en Indonésie proviennent du charbon, ce qui explique la posture de ces pays à Glasgow.

Gradient réalisé par Climate Action Tracker

Les 1,5°C ne sont pas garanties

 

Sur le sujet tant attendu de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la décision finale de la COP 26 n’assure pas le respect des objectifs de l’Accord de Paris : limiter le réchauffement de la planète à +1,5°C. Pire encore. Selon le groupe de recherche Climate Action Taker, les nouveaux engagements des Etats à Glasgow, nous dirige vers un réchauffement des températures de 2,4°C d’ici 2100, loin devant les 1,5°C fixées auparavant par les Nations Unies.

Dans le texte, il est demandé aux États membres de revoir leurs ambitions nationales 2030 de façon à être alignés avec «les objectifs de température de l’Accord de Paris», et ce d’ici la fin de l’année prochaine. Il fait toutefois mention de «circonstances nationales particulières» à prendre en compte, ouvrant ainsi la porte aux modifications des objectifs au sein des pays signataires.

 

Pas de justice climatique pour les pays pauvres

 

Autre enjeu de cette COP : le financement des pays vulnérables. Les pays riches s’étaient en effet, engagés à verser 100 milliards par an aux pays pauvres pour lutter contre les effets du changement climatique. Les pays du Sud étaient donc venus à Glasgow avec la ferme intention de rappeler aux pays développés leur promesse non tenue jusqu’ici. Mais ils n’ont pas été entendus davantage que lors des précédents sommets. L’échéance a été repoussée pour 2023 sans aucune garantie. Le texte de décision de la COP se contente juste à “regretter ce retard” sans mention de mesures aucunes à l’encontre des pays industrialisés.

Les pays pauvres et les Etats insulaires avaient également demandé un dispositif financier qui leur assurent une prise en charge des dommages et pertes déjà causés par le dérèglement climatique. Une demande de justice climatique, une fois de plus, ignorée. Pourtant, ce mécanisme de compensation n’est pas un sujet sorti de nulle part mais correspond à une promesse vieille de 2009 lors de la COP15, à Copenhague. Douze ans plus tard, l’application de cette mesure reste toujours en suspens.

Un échec qui fait gronder la colère des activistes africains comme la célèbre ougandaise Vanessa Nakate qui déclarait à l’issue de l’adoption du Pacte de Glasgow :

«Les pays riches ne veulent clairement pas payer pour les coûts qu’ils infligent aux nations les plus pauvres.»

 

Zeta Corp, la startup qui veut en finir avec les déchets à Djibouti

Dans une société où tout se jette, le problème des déchets prend de plus en plus de place. Ces ordures polluent considérablement nos écosystèmes et peuvent même, dans certains cas, être une menace pour notre santé. Mais face à ce constat, un jeune entrepreneur djiboutien pourrait avoir trouvé la solution à ce problème pour Djibouti.

 

Une machine qui transforme les déchets en cendres

Finaliste de la première édition du concours d’entrepreneuriat D-Startup organisé par le Fonds Souverain de Djibouti, Abdillahi Ahmed est un jeune entrepreneur djiboutien déterminé, prometteur et rempli d’ambitions. A tout juste 25 ans, il a déjà fondé sa startup Zeta Corp avec une idée bien en tête : celle de révolutionner le traitement des déchets à Djibouti. Pour y parvenir, il compte sur une drôle de machine baptisée ASHER qui promet de réduire les déchets solides en cendres sans les brûler.

« Les déchets ont longtemps été un problème à Djibouti mais aussi en Afrique. Nous brûlons et jetons nos déchets un peu partout. Je veux offrir une alternative à ce problème avec le ASHER » dit-il.

Comment fonctionne-t-il ?

Le ASHER est un petit appareil de 6 mètres de haut qui peut réduire la plupart des déchets solides en cendres, à l’exception du verre et des métaux. En quoi alors cet appareil est-il différent d’un incinérateur lambda puisqu’il y’a production de cendres et donc combustion ? Pour répondre à cette question, il a fallu nous replonger dans nos livres de chimie.

Lorsque les déchets sont mis dans l’Asher, ils finissent dans la chambre de dégradation thermique. Sous la chaleur extrême de la chambre (jusqu’à 1000°C), ils se décomposent via le processus de pyrolyse. Pour rappel, la pyrolyse c’est lorsqu’une substance se décompose sous l’action de la chaleur et sans autres réactifs.

La chaleur générée par le processus est maintenue uniquement à l’intérieur de la chambre. Ainsi, plus la machine fonctionne longtemps, plus la température interne sera élevée. Ce n’est donc pas une combustion mais une décomposition chimique qui détruit les déchets dans l’ASHER. Il en résulte alors des cendres et de petites quantités de gaz. Des cendres qui mélangées à de la sciure de bois peuvent devenir de l’engrais organique, nous a expliqué Abdillahi. Elles sont non dangereuses et conformes aux normes de l’Agence américaine de protection de l’environnement, a-t-il ajouté. Si celles-ci ne peuvent pas être transformées en fertilisant à cause de la nature des déchets traités (par exemple : les couches, les plastiques), les cendres peuvent être utilisées à d’autres fins, comme pour la fabrication de pavés destinés à l’aménagement paysager. Un moyen de valoriser le contenu de nos poubelles.

La machine produit 4 % de son poids d’origine sous forme de cendres donc pour 1000 kg de déchets, nous n’obtiendrons que 40 kg de cendres. Les 5 à 6 % restants sont des déchets non gérables, qui comprennent les déchets métalliques, céramiques et de béton.

Le ASHER nous vient tout droit de Malaisie et a été mis au point par Roland TEE. En 2010, à la retraite après toute une vie à travailler dans l’industrie de l’eau, ce sexagénaire malais, a décidé d’apporter une solution à la problématique de traitements des déchets dans dans sa ville. Après des dizaines de prototypes, il met alors au point le ASHER.

C’est en 2019, alors étudiant en Business Management que dans ce pays, que Abdillahi fait la connaissance de Roland TEE et de son associé Pang. Une belle rencontre qui a débouché deux années plus tard sur un partenariat prometteur, car Zeta Corp est aujourd’hui le référent exclusif de la marque en Afrique.

Abdillahi Ahmed le pdg de Zeta Corp en compagnie de Roland TEE, le créateur de l’ASHER

Une machine respectueuse de l’environnement ?

 

Des gaz inoffensifs

A Djibouti, on produit par jour, 300 tonnes de déchets organiques et inorganiques qui finissent en grande majorité au centre d’enfouissement de Douda. Mais au niveau mondial, l’incinération reste le mode majeur de traitement des déchets. Une pratique toujours controversée car accusée de diffuser des substances polluantes dans l’environnement avec des effets néfastes sur la santé humaine.

Contrairement aux incinérateurs, l’ASHER promet un procédé respectueux de l’environnement. D’après l’inventeur malais, les gaz produits à l’issue du processus de pyrolyse sont neutres et inoffensifs. Pour cause, la machine possède un système de filtration de l’eau pour empêcher les émissions toxiques résultant de ce processus, d’être rejetés dans l’atmosphère. Le ASHER dispose à ce jour de plusieurs rapports d’essais d’organismes de vérification qui attestent de la sûreté de l’appareil pour la santé et l’environnement.

Aucune énergie pour fonctionner

L’autre avantage nous a précisé Abdillahi est que comparé aux qui utilisent du carburant comme le diesel pour brûler les déchets, le ASHER n’a besoin d’aucune énergie à l’exception d’un petit feu pour démarrer. La chaleur créée est alors stockée dans les parois de l’appareil, faisant monter la température à l’intérieur et créant l’effet pyrolyse qui réduit en cendres les ordures. La décomposition des matières libère encore plus de chaleur, qui stockée de nouveau dans les murs, augmente la température dans l’appareil…un cycle se met en place. Tant que la machine est alimentée en déchets, elle continue alors de fonctionner sans électricité, ni gaz, ni carburant.

Pour les besoins primaires (ventilateur, tableau d’affichage), l’électricité produite à partir des panneaux solaires intégrés est plus que suffisante, ce qui permet au Asher de continuer à fonctionner même sous la pluie ou de faible ensoleillement.

Dresser un mur contre les pollutions

Nous produisons actuellement dans le monde en moyenne 2 Milliards de tonnes de déchets par an. Une production sans cesse plus importante avec des impacts sur notre environnement et notre santé. Djibouti n’échappe pas à la règle. Des centaines de milliers de tonnes d’ordures ménagères y sont produites par an. Des déchets qu’il importe de collecter, de transporter, de stocker et de traiter.

Là où la machine de Zeta Corp est intéressante, c’est qu’elle est mobile.

« Le ASHER va là où il y’a les déchets, c’est un gain de temps et d’argent » nous explique Abdillahi, le dirigeant de Zeta Corp. Sa fonction portative permettrait donc à la machine d’être disposée un peu partout : aux environs des marchés, des villes, dans les zones rurales, les terrains difficiles, les parcs nationaux. Placée près des décharges, elle éviterait les incinérations à ciel ouvert de déchets, responsables de pollution atmosphérique.

Et bien évidemment lorsqu’on parle de déchets, impossible de ne pas mentionner la pollution plastique qui empoisonne la planète toute entière. A Djibouti, les sacs plastiques sont monnaie courante et se retrouvent facilement jetés dans la nature ou dispersés à chaque coin de rue. Bouteilles , plastique, caoutchouc, tubes et pneus, déchets mixtes, le ASHER est capable de traiter la plupart des déchets tout en étant respectueux de l’environnement. Un bon moyen pour réduire la pollution plastique générée dans le pays. C’est le défi que Abdillahi Ahmed et sa jeune startup Zeta Corp ont décidé de relever à Djibouti.

Un projet prometteur à suivre !

 
 

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