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Emissions de CO2 : les riches polluent, les pauvres en paient le prix fort

Entre 1990 et 2015, les 1 % les plus riches de la population mondiale ont produit plus du double des émissions de CO2 que la moitié la plus pauvre de l’humanité. (environ 3,1 milliards de personnes). C’est le constat alarmant d’une nouvelle étude menée par l’ONG Oxfam et le Stockholm Environment Institute (SEI) sur les émissions de CO2.

Malgré une baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre due aux restrictions liées à la pandémie du COVID-19, le réchauffement climatique continue sa progression et ses effets tragiques ne cessent de se multiplier.

En effet, 20 millions de personnes sont chassées de leur foyer chaque année par des cyclones, des inondations et des sécheresses de plus en plus fréquentes.

Il faut dire que l’année 2020 n’a pas fait exception à la règle. L’Inde et le Bangladesh ont été victimes du cyclone Amphan. Dans les pays de l’Afrique de l’Est comme en Ethiopie, au Kenya et en Somalie, l’augmentation inhabituelle des températures a aggravé les périodes de sécheresses qui ont décimé les cultures et le bétail des population déjà très démunies. Face à tous ces malheureux évènements, il devient de plus en plus difficile de nier les conséquences directes du réchauffement climatique.

Images par PNUD Somalie

Plus on est riche, plus on pollue?

Comme chaque année, l’ONG Oxfam se penche sur les inégalités entre riches et pauvres dans le monde et dans son édition de 2019 elle y dénonce la pollution des plus riches.

Selon son rapport, les 10 % les plus riches de la population mondiale ont été responsables de 50% des émissions de CO2 entre 1990 et 2015. De plus au cours de ces mêmes 25 années, les 10 % les plus riches de la planète ont ainsi consommé un tiers du budget carbone mondial encore disponible pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, alors que les 50 % les plus pauvres n’avaient consommé que 4 % du budget carbone.

Rappelons que le réchauffement global a déjà atteint 1°C par rapport à 1850-1900 et qu’il est urgent de le maintenir en dessous de 1,5°C d’ici 2030 dans le respect de l’Accord de Paris et afin d’ éviter les scénarios catastrophes prévus par les scientifiques.

Une augmentation de 60% des émissions

D’après les calculs d’Oxfam, le monde a connu une croissance économique qui s’est accompagnée d’une diminution de la pauvreté durant les 20 dernières années. Simultanément, les émissions annuelles de CO2 dans le monde ont augmenté de 60 %. De premières hypothèses avançaient que les nouvelles classes moyennes d’Inde et de Chine seraient responsables de ces émissions mais le rapport d’Oxfam apporte un tout autre point de vue.

Celui-ci estime que les plus riches seraient responsables d’un tiers de cette augmentation des émissions de CO2. En effet, malgré l’augmentation du PIB mondial qui a doublé, les pays font face à une répartition inégale des richesses avec des riches qui deviennent plus riches et près de la moitié de la population mondiale qui est toujours en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 5,50 dollars/jour.  

Selon Oxfam, la croissance économique inégale provoque un épuisement catastrophique du budget carbone mondial car plus on est riche, plus on pollue. Le plus accablant est qu’elle ne permet pas à l’ensemble de la population mondiale de vivre décemment mais permet plutôt d’augmenter la consommation d’une minorité de personnes parmi les plus aisées au monde.

Vers une justice climatique?

“Nous devons garantir la justice climatique et donner la parole aux personnes les plus affectées par l’urgence climatique.”

Ce sont les propos de Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, qui appelle les dirigeant(e)s à mettre un terme aux énormes inégalités économiques qui se traduisent par une inégalité face au changement climatique.

Les catastrophes climatiques extrêmes touchent certes tous les pays, riches et pauvres. Cependant, les personnes les plus pauvres et marginalisées sont les plus rudement touchées par le changement climatique alors même qu’elles n’en sont pas responsables.

C’est pourquoi dans son rapport “Combattre les inégalités des émissions de CO2“, l’ONG Oxfam appelle les gouvernements à lutter contre la double crise du changement climatique et des inégalités extrêmes en s’attaquant aux émissions excessives des plus riches et en soutenant les communautés pauvres et vulnérables.

Les modèles économiques actuels qui soutiennent une croissance illimitée de la consommation de la population déjà aisée doit laisser place à des politiques qui réduisent la demande des plus riches et qui garantissent une meilleure distribution des richesses pour améliorer les conditions de vie des pauvres. Dans les recommandations incluses dans le rapport d’Oxfam, on retrouve le développement des énergies renouvelables, des impôts sur la fortune et des taxes sur les produits et services de luxe. Il préconise aussi des investissements plus conséquents dans les services publics et les secteurs sobres en carbone, comme les transports publics.

Néanmoins, les conclusions de cette étude ne font pas l’unanimité auprès de certains experts. Outre son caractère alarmiste, ils y dénoncent des incohérences dans les données de base de l’étude.

Il reste malgré tout que la question réchauffement climatique est bien réelle que le monde a besoin aujourd’hui plus que jamais d’une croissance économie égale et d’une utilisation plus équitable du budget carbone mondial restant. La lutte pour le climat est le combat de tous : riches et pauvres. 

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