La baie de Tadjourah, le sanctuaire des requins-baleines

Un géant inoffensif

 

Chaque année, la baie de Ghoubet à Djibouti, est le théâtre d’un spectacle hors du commun. Abandonnant leur zone d’alimentation habituelle, les requins-baleines migrent pour les eaux chaudes de Djibouti qu’ils affectionnent particulièrement.  De Novembre à Janvier, on observe ainsi, ces géants des mers qui viennent se nourrir du plancton qu’ils trouvent en forte concentration à l’extrémité ouest du golfe de Tadjourah.

Malgré leur nom déconcertant, ce ne sont PAS des baleines. Le requin-baleine (Rhincodon typus), qui est juste le plus gros requin qui existe ! Il est surnommé ainsi en raison de sa taille imposante et de ces comportements alimentaires proches de ceux la baleine. Plus gros poisson vivant sur Terre, les grands adultes mesurent généralement entre 10 et 12 mètres de long, mais ont été enregistrés à une longueur maximale d’environ 18 mètres pour un poids de 30 tonnes. . Ce sont plutôt des individus juvéniles que l’on retrouvent dans le golfe de Tadjourah à Djibouti, dont la taille varie de 3 à 8 mètres. 

 


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Le requin-baleine possède jusqu’à 300 rangées de dents. Mais nul besoin de s’inquiéter ! Malgré sa taille imposante, il est pacifique et inoffensif pour l’Homme.


Le requin-baleine ne partage pas que son nom avec les baleines et suit également le même régime alimentaire.

La gueule grande ouverte, il aspire d’énormes quantités d’eau qu’il rejette par les branchies, tout en retenant plancton, d’algues, petits crustacés et autres petits poissons à la manière de la baleine bleue. Il peut avaler comme ça jusqu’à 1 tonne de plancton par jour.

 

 

Une espèce encore méconnue et …menacée

 

Des études sur la biologie des requins-baleines en cours

Si on connait bien son alimentation, les comportements reproductifs du requin-baleine est encore mal connue. On sait que c’est une espèce ovovivipare car il produit des œufs qui se développent au sein de son utérus avant de s’y extraire. Mais malgré les recherches menées sur ce gros poisson, aucun site de reproduction n’a pu être identifié de façon concluante. On estime par ailleurs, que leur durée de vie pourrait atteindre 100 ans.

Dans le golfe de Tadjourah, une association française “MEGAPTERA” étudie l’espèce depuis 2004 et tente de récupérer des données sur leur comportement à l’aide de balises taggués sur les requins-baleines. 


Saviez-vous la signification des taches blanches sur son dos ?

La répartition des points blancs que l’on peut apercevoir sur la globalité de son dos joue le rôle de carte d’identité pour chaque requin, chacun ayant un dessin unique. C’est en quelque sorte l’équivalent de l’empreinte digitale d’un humain.

 

 


Une population en déclin

Si  le requin-baleine ne connaît quasiment aucun prédateur naturel dans son milieu, il fait aujourd’hui face à des menaces telles que la surpêche, la pollution marine, la réduction de son habitat ou encore le tourisme non responsable. A Djibouti, l’espèce est peu connue et  ne représente aucun intérêt pour les pécheurs contrairement à certains pays comme la Chine où le commerce de la chair et des ailerons du requin-baleine est pratique courante.

Comme la plupart des espèces marines, le requin baleine est directement menacé par la pollution des mers et des océans. En ouvrant grand la bouche pour filtrer l’eau de mer et se nourrir, le requin baleine a tendance à ingérer une large quantité de déchets, plastiques notamment. Une autre preuve des dangers issus de la mal gestion des déchets.

A Djibouti, il n y’a pas encore de tourisme de masse mais des efforts sont faits pour la protection du requin-baleine. Une Aire Marine Protégée a été mise en place à Arta par l’Office National de Tourisme en collaboration avec le ministère de l’Environnement de Djibouti, afin de les préserver au mieux contre les flux de touristes étrangers et les hélices des bateaux de pêcheurs qui leurs sont souvent fatales. 

Par ailleurs, il est capital de former les élèves à Djibouti aux enjeux de la biodiversité et à leurs interdépendances, des sujets qui sont rarement abordés sur les bancs de l’école. L’idée étant qu’ils en apprennent plus par exemple sur les requins-baleines, les dangers qui pèsent sur eux et comment ils pourront contribuer à les protéger. Une meilleure connaissance de la biodiversité marine de leur pays permettra une appropriation plus importante et, à long terme, une meilleure préservation de ce écosystème déjà fragilisé. 

En danger d’extinction, le requin baleine est sous le statut d’espèce protégée. Il est ainsi illégal de déranger, toucher,  nourrir, blesser ou de le pêcher.

Nager avec les requins-baleines à Djibouti est peut-être une expérience unique, il vous faudra néanmoins prendre toutes les précautions afin de ne pas les blesser ou les déranger. Pour en savoir, découvrez le guide de l’Office de Tourisme Djibouti, sur l’essentiel à savoir après une rencontre avec un requin-baleine.

Télécharger le Guide ici : Ecotourisme responsable  : Le requin Baleine

 

3 réflexions sur “La baie de Tadjourah, le sanctuaire des requins-baleines”

  1. Très bonne synthèse.
    Je redige en ce moment le Programme de Développement Régional d’Arta dans le cadre d’une mission d’expertise pour le compte du Conseil Régional financée par Expertise France qui appui les Collectivités Territoriales Djiboutiennes à travers le Programme d’Appui à la Décentralisation et aux Initiatives Locales (ADIL).
    Dans la matrice des activités à mettre
    à place mettre en place j’ai mis la protection, la conservation et la valorisation de l’Aire Marine Protégée d’Arta où les requins baleines et les touristes se rencontrent. Mais, pour que cette activité perdure, il faut absolument faire des activités IEC afin de que les communautés locales d’Arta tirent des ressources économiques pérennes

    1. Très intéressant comme approche, je vous propose mon aide pour apporter ma pierre à l’édifice.

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